La marche athlétique : à la découverte de ma discipline

4 Fév 2021 | Entrainements, Recommandés

Pour ce premier article qui inaugure mon blog, j’ai décidé de tout simplement le consacrer à ma discipline : la marche athlétique. Cela me semblait évident de parler de cette discipline que je pratique et qui attire questionnements et curiosités…

Histoire et contexte

Pour commencer, rien de tel qu’une mise en contexte pour comprendre l’origine de la discipline. Cela va sans doute vous étonner mais la marche athlétique n’est pas toute jeune puisqu’elle a vu le jour au douzième siècle, elle puise son origine dans le milieu militaire. En effet, les soldats anglais effectuaient leurs déplacements en alternant course et marche rapide, cela aura même donné lieu aux toutes premières épreuves compétitives à la fin du dix-huitième siècle en Angleterre. On peut comparer ces épreuves à la marche de grand fond car elles duraient plusieurs heures et parfois plusieurs jours. 

Côté français, il est difficile d’imaginer que la marche athlétique eu autant d’envergure que le tour de France et pourtant… Dans les années 50,  de véritables épreuves mythiques sont nés ! Parmi elle : Paris – Strasbourg – renommé par la suite, des centaines d’hommes se lançaient corps perdus dans cette épreuve d’endurance, le tout à pied, sans jamais courir… Je vous laisse une photo qui témoigne de cette époque !

marche de grand fond

Si finalement, aujourd’hui le trail et le marathon ont le vent en poupe, on se rend compte que ce n’est finalement qu’une histoire de mode…

Aujourd’hui, la marche reste le sport le plus pratiqué dans le monde et se décline en plusieurs catégories :

  • la marche sportive : c’est la balade active où il n’y a pas de traumatismes musculaires mais où le cardio travaille quand même.
  • la marche athlétique : ma discipline, rattachée à la fédération d’athlétisme, elle se pratique en compétitions et est une épreuve olympique.
  • la marche nordique : discipline relativement récente, elle se pratique en forêt avec des bâtons et a sa propre technique.
  • la marche de grand fond : elle a eu ses heures de gloire mais désormais cette pratique est en perte de vitesse et est seulement pratiquée par une poignée. Elle se différencie de la marche athlétique de par son règlement en partie. 
  • la marche randonnée : pratiquée en montagne, la randonnée attire de plus en plus notamment de par l’émergence du trail, une pratique à la mode.

Une épreuve olympique

La marche athlétique est une épreuve historique et mythique des Jeux Olympiques puisqu’elle est apparue en 1908 pour la première fois au programme olympique. Cependant, étant une discipline nouvelle, le manque de règles claires et établies donnaient trop d’irrégularités techniques et laissaient la place à une trop grande interprétation du règlement par les athlètes. Ce manque de cadre lui a valu un retrait du programme olympique entre 1928 et 1952

Dernièrement, le Comité International Olympique, a annoncé en 2020 le retrait du 50km marche a compté des Jeux Olympiques de 2024. Cette décision a été émise en justifiant des arguments bancaux notamment sur fond de parité or le 50km avait été ouvert aux femmes depuis 2016 et avait fait son entrée sur les grands championnats… On comprend alors que cette décision fait suite à une forte politique dictée par le business et le sport spectacle. Il est dommage de voir une telle distance disparaître car elle était de loin l’une des disciplines les plus difficiles, au-delà de la quantité innommable d’entraînement que cela requiert, elle véhiculait des valeurs d’abnégation, de courage et. Finalement les valeurs originelles de l’olympisme de Pierre de Coubertin ? 

Que dit le règlement ?

Il y a deux règles à respecter en marche athlétique :

  • La première impose à la jambe d’attaque d’être tendue lorsque le pied déroule le sol, c’est-à-dire que le genou ne doit pas être fléchi à partir que le talon attaque le sol. 
  • L’autre règle interdit un temps de suspension, autrement dit, il faut nécessairement qu’un pied soit au contact du sol. C’est ce qui fondamentalement diffère cette discipline de la course à pied puisque la foulée est non aérienne.

Pour garantir la bonne application de ces règles en compétition, plusieurs juges sont disposés autour du parcours ou de la piste pour veiller à ce règlement. Le jugement se fait uniquement à l’œil humain et plusieurs cartons rouges peuvent amener à la disqualification de l’athlète. Au bout de 3 cartons rouges, le marcheur doit aller en zone de pénalité, au bout du 4ème, il est disqualifié et ne peut plus réintégrer la course.

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Technique de marche athlétique décomposée étape après étape.

Les questions que l’on me pose tout le temps…

“N’as-tu pas mal à tes articulations quand tu marches ?

Si il est vrai que le mouvement si particulier de la marche donne l’impression que l’on se déhanche violemment, aucune douleur

C’est même tout l’inverse, la marche athlétique est une discipline non traumatisante puisque la foulée n’est pas aérienne, aucune propulsion dans l’air a lieu ce qui évite tout choc et traumatisme articulaire. C’est d’ailleurs pour cette raison que la marche sous toutes ses formes est recommandée pour les personnes en rééducation, en obésité ou les femmes enceintes.

“T’as pas envie de courir à un moment quand tu marches ?”

Cela revient exactement à dire à un coureur “mais t’as pas envie de marcher à un moment”. La réponse est non sinon je ne pratiquerais pas de la marche athlétique si j’avais sans cesse envie de partir en course à pied. Une fois que tu as trouvé la bonne technique et que tu es à l’aise, ce genre de questions ne se posent plus. Par contre, il est vrai que lorsque je suis fatiguée musculairement, il est beaucoup plus facile de courir car la course à pied reste une foulée naturelle pour la mécanique du corps donc l’aisance est beaucoup plus grande

Par contre, ce qui est vrai, c’es que la marche athlétique est une foulée non naturelle pour le corps, une foulée qui est à l’opposé de la biomécanique humaine. Cela entraîne alors un coût énergétique et une récupération pour le corps qu’on estime être deux fois plus grande que la course à pied de par ces contraintes.  En conclusion, la foulée de course à pied restera toujours beaucoup plus simple à pratiquer et donnera toujours une aisance et un confort plus idéal que la marche athlétique.

A titre personnel, je ne fais quasiment jamais de marche en récupération post-séance ou lors d’un deuxième entraînement journalier car l’inconfort et les mauvaises sensations sont trop importantes. Alors qu’en course à pied, même sur un corps fatigué et courbaturé, les sensations sont tout à fait supportables. Je privilégie donc la course à pied 2 à 3 fois par semaine en plus de la marche pour délier les jambes, casser la monotonie et optimiser la récupération. Je crois fort aux bienfaits de la course à pied dans une préparation de marche athlétique. Bien évidemment, cela est propre à chaque athlète.

“Comment t’as commencé la marche ? C’est pas commun…”

Toujours dans mon top 3 des questions qui m’est le plus posé, cette interrogation revient énormément. J’ai la chance de faire partie d’un club formateur qui propose l’ensemble des disciplines aux athlètes et ce, dès le plus jeune âge. Ce qui fait la beauté de l’athlétisme est sa diversité disciplinaire, il est alors essentiel de présenter à l’athlète en formation, tout ce panel. J’ai donc pu m’essayer à quasiment toutes les disciplines, en passant du 400m aux haies, des haies au triple saut, en passant par le javelot et j’en passe…

Je suis certaine que cet apprentissage m’a permis de développer des capacités de coordination, de motricité et de vitesse. C’est ce socle si important qui permet à l’enfant de se construire et d’acquérir de fortes bases athlétiques. A tort, beaucoup se spécialisent beaucoup trop jeune alors que parfois ils n’ont même pas fini leur croissance, je pense plutôt qu’il est important de privilégier la découverte et l’apprentissage global de l’athlétisme. 

Grâce à mon club, je me suis donc spécialisée tardivement vers les disciplines de “demi-fond/marche” et c’est plus particulièrement à mes 17 ans, que je me suis dédiée à la marche. Pour conclure, de toutes les disciplines que j’ai pu découvrir depuis mes 9/10 ans, ce fut la marche athlétique que j’appréciais le plus, dans laquelle je m’épanouissais et où je réussissais le mieux. C’est pour cela que j’ai décidé de poursuivre même après mon lycée.

Ce premier article s’achève, si vous avez d’autres questions ou des sujets que je n’ai pas traité en lien avec la thématique, je répondrai volontiers à vos commentaires !

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1 Commentaire

  1. Pins Running

    La marche athlétique m’a toujours impressionnée. Technique, intense, éprouvante, parfois injuste… Ce sport a tellement sa place aux jeux… Continue de nous éblouir et de nous émerveiller par ton sport.

    Réponse

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